Capitaine Morrigan

Comme tout un chacun, le redoutable capitaine Morrigan a sa petite faiblesse…

Chroniques Impromptues
9 min ⋅ 10/05/2026

Les mots pitié et compassion encombrent stupidement les dictionnaires !

Ne venez pas me faire perdre mon temps avec ces sornettes qui prétendent que la vie humaine n’a pas de prix, ou que c’est une merveille inestimable. Ni avec d’autres inepties du même tonneau.

Certes, il peut parfois être avantageux d’épargner quelques prisonniers bien choisis. Il m’est arrivé d’en échanger certains contre de bonnes rançons sur les marchés aux esclaves. Mais ce n’est que trop rarement le cas. Foi de Capitaine Morrigan, il est souvent plus avisé de se débarrasser des bouches inutiles et de les envoyer se congeler de l’autre côté du sas.

Ne riez pas, j’ai déjà entendu des illuminés tenir des discours selon lesquels les humains pourraient vivre en paix, s’aimer les uns les autres et toutes ces calembredaines… Peut-on y croire sérieusement alors que la loi du plus fort préside à tout depuis la nuit des temps ?

Vous l’aurez compris, mon équipage et moi ne sommes pas venus dans ce système stellaire pour faire du tourisme ou câliner des voyageurs dépressifs saturés de fumées délassantes.

Lorsque le Méphisto a émergé de l’hyperespace, nous savions exactement où nous arrivions, et quelle serait notre cible. Je veux parler du Galactiva, un paquebot de luxe à bord duquel les bourgeois des planètes alentour festoyaient et mesuraient leur prestige à l’éclat de leurs plus précieux bijoux.

Mon second, le jeune Céladon de Lysandrie, était déjà penché sur ses écrans lorsque je lui assénai une bonne bourrade sur l’épaule, histoire de lui rappeler que j’étais le plus fort.

— Hardi compagnon ! Nous voici à destination ! Aurais-tu déjà repéré l’objet de tous nos désirs ?

Il se redressa avec cet air sérieux et lointain qui m’agaçait parfois. Mais, il était un navigateur hors pair, et l’équipage le respectait en dépit de son apparence trop propre et de ses bonnes manières. Elles masquaient la cruauté et l’appât du gain qui le légitimaient dans sa position de second. Pour ma part, je lui reconnaissais le don de dégoter les proies les plus intéressantes, tel ce Galactiva. Sans doute sa sobriété lui conférait-elle sur moi un avantage lorsqu’il s’agissait de tirer les vers du nez des étrangers de passage dans les tavernes.

— Pas encore Capitaine, répondit-il, mais j’y travaille.

— Travaille alors mon ami, travaille. Veux-tu un petit morceau de pâte d’amande ?

J’avais toujours dans mes poches un étui de cette addictive gourmandise. Son goût sucré et sa subtile couleur verte me rappelaient la douceur des feuillages, l’odeur délicate de forêts enchanteresses de mon enfance. À cette lointaine époque, mon idéaliste de père aurait voulu faire de moi un trappeur à son image. Mais comment aurais-je pu me contenter d’un si modeste train de vie ? Comment supporterais-je aujourd’hui les braillements des marmots pleurnichards que m’aurait infligés la douce mais ennuyeuse fille de notre voisin le berger ?

Je l’avais troussée à une ou deux reprises avant de fuguer vers les étoiles  sans me retourner sur ses larmes.

Et aujourd’hui, mes coffres regorgeaient d’incroyables richesses.

Notre arrivée dans ce système plein de promesses méritait bien que je propose une part de ma gourmandise à ce godelureau propre sur lui qui me servait de bras droit.

— Merci Capitaine, me fit-il avec une politesse exaspérante, mais je viens de me laver les dents.

— Comme tu voudras garçon, ça en fera plus pour moi !

Décidé à m’accorder un peu de repos dans ma cabine avant l’action, je croisai en chemin quelques membres de mon équipage dans les coursives. Comprenons-nous : peu d’entre ces garçons et filles étaient des lumières, mais je ne leur demandais rien d’autre que de m’obéir et d’être féroces au combat.

En attendant de prendre leur part de butin sur le pillage à venir, ils se pochetronnaient joyeusement et s’attachaient à tirer tous les plaisirs imaginables de leurs existences de pirates. À en juger les tenues allégées et leurs mines réjouies, la vie à bord du Méphisto leur convenait.

Tous avaient de bonnes raisons de préférer me suivre jusqu’aux confins de la galaxie plutôt que de rester encroûtés sur des mondes où ils étaient fichés par toutes les polices. J’avais fait évader une bonne partie d’entre eux de la prison orbitale de Zaonce1 dans un bain de sang réjouissant. J’avais sélectionné les combattants les plus acharnés, les plus sanguinaires, et leur avais ordonné d’éjecter les autres dans le vide, ficelés à leurs gardiens vaincus… Je maintiens que le supplice du sas est la seule récompense admissible pour les faibles.

Ainsi, outre mon second à l’hygiène assassine, j’avais avec moi les quarante-deux pirates les plus farouches de l’univers qui, sans exception, me respectaient et me craignaient. Qu’aurais-je pu espérer de mieux en tant que capitaine ?

J’avais la sensation de n’avoir dormi que quelques minutes lorsque le signal résonna.

Je soulevai un sourcil grincheux, puis l’autre, et me grattai la barbe pour en éliminer quelques résidus desséchés de massepain. Un grognement m’aida à me redresser pour coiffer mon tricorne porte-bonheur. C’était un bel objet de feutre dérobé un jour de beuverie sur la patère d’une taverne trop guindée.

Le Galactiva était enfin en vue ! Tout à ma joie, je ceignis mon grand coutelas et mon pistolet rayonnant, puis m’élançai en direction de la passerelle.

Le jeune Céladon m’accueillit avec un sourire triomphant.

— Regardez droit devant capitaine ! N’est-il pas beau ce vaisseau ?

Diantre oui ! Sans rien perdre du spectacle, je mordis dans ma barre de pâte d’amande et m’offris par-dessus une gorgée du rhum arrangé miel-amandes de ma flasque personnelle.

Morbleu ! Par les cornes de Cyrano, je n’avais jamais rien vu d’aussi rutilant !

Le Galactiva dispersait sans compter sa lumière à travers ses baies panoramiques. Des guirlandes multicolores, tendues de l’avant à l’arrière entre ses mâts d’antennes, signalaient imprudemment l’insouciante opulence de la fête à bord.

Je posai une main sur l’épaule de Céladon.

— Dis-moi moussaillon, quelle résistance ces bourgeois ramollis auraient-ils la vaine folie de nous opposer ?

J’aimais le taquiner en le traitant de « moussaillon ». Je savais que cela l’agaçait et attisait son envie d’aller massacrer de l’innocent. Ce n’était pas la première fois que je remarquais la cruauté cachée derrière son sourire d’apparence si policée. Mais j’appréciais toujours de le voir saliver à l’approche d’un abordage.

— Les cent vingt passagers sont des bourgeois affaiblis par l’âge ou la vie facile… mais leur chair flasque est couverte de splendides joyaux, ironisa-t-il. Leur équipe de sécurité se limite à une dizaine de vigiles peu armés. Quant au personnel de service, il compte une trentaine de personnes mieux rompues aux courbettes serviles qu’au combat rapproché. Leur système solaire est tellement aseptisé qu’ils ne s’attendent pas à notre petite visite.

C’était parfait ! Je fourrai ma barre de pâte d’amande au fond de ma poche et m’emparai du micro pour donner mes ordres à l’équipage.

— En avant, bande de vauriens célestes ! Tout le monde aux chaloupes ! Déverrouillez-moi les entrées de leurs sas, et on s’invite à la fête. Ne salissez pas trop les colliers précieux en tranchant les carotides ! Ha ! Ha !

Aussitôt, les bruits de courses résonnèrent à bord du Méphisto, soulignés par les cliquetis des armes qu’on emporte. Céladon de Lysandrie et moi-même nous installâmes avec huit autres gaillards dans une des chaloupes. J’avais toujours adoré ce moment où je percevais l’imminence du combat, de l’odeur du sang qui coule et du spectacle des têtes qui roulent. Je remarquai que le regard le plus déterminé, le plus menaçant parmi mes hommes, appartenait en fait à une athlétique pirate. Mais elle baissa les yeux en croisant les miens, car, morbleu, on ne fixe pas sans risque le capitaine Morrigan.

Entrer à bord fut un jeu d’enfant. À ma suite, partout dans le Galactiva, mes braves et furieux massacreurs répandaient le sang, les entrailles et les larmes de nos victimes.

« Pas de pitié pour les couards ! », « Égorgeons ces pourceaux ! », « À nous leurs richesses, offrons-leur l’enfer ! »… Je ne pouvais qu’admirer l’imagination dans les éructations guerrières de mes ouailles.

Je m’amusais du rituel par lequel deux d’entre eux, un homme et une femme enhardis par le rhum, s’embrassaient avec une passion goulue pour fêter chaque tête qui roulait. Une fois leurs baisers consommés, ils se barbouillaient mutuellement du sang de leurs victimes dans des rires qui faisaient plaisir à entendre. Je notais à cette occasion qu’il me faudrait veiller à ce que de stupides considérations sentimentales ne viennent pas, à terme, émousser l’entrain meurtrier de ma bande sauvage. Mais pour l’heure, ils se délectaient de violence et nos besaces se gonflaient de bijoux hors de prix.

Je déambulais dans ce chaos à travers les coursives du paquebot, à la recherche d’un petit quelque chose en plus : un bijou d’exception qu’un passager aurait voulu nous cacher, la célébrité à garder en vie pour en exiger une rançon mémorable… n’importe quoi qui aurait pu justifier que moi, Capitaine Morrigan, je me sois déplacé en personne plutôt que de déléguer ce massacre banal à mon ennuyeux et distingué second.

J’écartai d’un coup de coutelas circulaire le premier passager à se présenter en travers de mon chemin, puis le deuxième d’un tir de pistolet rayonnant. Les éclaboussures de leur sang sur mon visage me rendraient plus effrayant pour les suivants. Je savais par expérience que certains tenteraient de se rendre sans se douter que leur lâcheté ne ferait qu’accroître mon mépris, mais ne retarderait en rien leur mise à mort.

Je débouchai ainsi dans les cuisines, dans le dos d’une svelte personne qui ne semblait pas avoir pris conscience de la situation dans laquelle la mettait notre assaut meurtrier.

Fi de cela ! J’allais abattre la lame de mon coutelas sur sa nuque lorsqu’elle se retourna vers moi, sereine, à moins qu’elle ne fût résignée. Elle tenait entre les mains le fruit de son travail.

Une tarte ! Une somptueuse amandine encore tiède, recouverte de cette pâte verte, de ce massepain coloré dont je raffolais tant, et dont l’odeur venait me chatouiller les narines.

La jeune personne me fixait de ses yeux d’un vert plus doux que la plus belle des pâtes d’amande, plus envoûtant que le reflet d’une étoile à la surface d’un verre de rhum arrangé.

La surprise lui avait-elle fait oublier sa peur ? L’ignorance de qui j’étais la lui avait-elle épargnée ? Toujours est-il qu’elle ne baissa pas les yeux. Mon bras s’arrêta et le cri de fureur que j’avais préparé resta au fond de ma gorge. J’hésitai un instant, puis la questionnai.

— Comment t’appelles-tu ? Que fais-tu ici ?

Elle sourit, sans s’attarder sur la menace dans ma voix.

— Je m’appelle Amandine, je suis la pâtissière du bord. Allez-vous me tuer ? Voudriez-vous goûter ceci avant ?

C’était quand même une sacrée belle tarte que j’avais sous les yeux, et je ne parle pas de cette fille qui respirait l’intelligence. Hésitant à abattre mon coutelas sur son cou, je me demandais même si elle n’avait pas été placée sur mon chemin par un de ces dieux du cosmos auxquels je n’avais jamais cru.

Céladon, qui m’avait emboîté le pas, arriva à cet instant.

— Capitaine ? Tout va bien ? Que vaut à cette jeune personne le privilège de se tenir encore droite sur ses deux pieds ?

Comment pouvait-il être aussi imperméable au sublime de la gourmandise ? Je pris la tarte des mains d’Amandine et la montrai à ce jeune blanc-bec.

— Regarde un peu ce qu’elle sait faire ! N’est-ce point merveilleux ? Je gage qu’elle pourrait en faire d’autres, et encore d’autres pour égayer nos papilles au long de nos chasses aux trésors ?

Céladon détailla la jeune femme de la tête aux pieds. Elle eut un humble sourire, peut-être dans l’intention de l’attendrir.

— Vous savez, Capitaine, me dit-il pontifiant, que trop de sucre est mauvais pour les dents ! Mais après tout, c’est vous le patron. Souhaitez-vous que nous ramenions cette personne à notre bord ? Vous aurez tout le temps ensuite de vous délecter de ses tartes.

Comme il était hors de question de donner l’impression de céder à une petite faiblesse, je lui assénai la bourrade qu’il méritait.

— Ah ! Ah ! Morbleu oui, moussaillon ! Par les cornes de Cyrano, ramenons-là avec nous. Elle cuisinera sans relâche jusqu’à ce que je me lasse d’elle ! Ah ! Ah !

Céladon inclina la tête avec respect. Je me demandais comment j’allais pouvoir me lasser de si belles tartes recouvertes de pâte d’amande et, accessoirement, de la verte douceur du regard de la pâtissière.

Mais ma réputation de cruauté était sauve.

***

De retour à bord du Méphisto, je prélevai ma part dans la besace de chacun de mes pirates et regagnai la passerelle pour y déguster enfin cette belle tarte. Je m’installai face aux étoiles, avec vue sur la carcasse abandonnée du Galactiva, qui dérivait sans hâte vers son nouveau destin de vaisseau fantôme. Il y a de ces moments dans la vie d’un capitaine qui compensent tous les efforts accomplis, et des délectations sucrées qui valent bien d’avoir les chicots pourris, n’en déplaise à mon rabat-joie de lieutenant.

La saveur de la première bouchée en appelait une seconde. Le bonheur sur mon visage, encore couvert du sang de mes victimes, n’avait d’égal que le plaisir qui s’emparait de mon palais.

— Alors Capitaine, comment trouvez-vous ma tarte ?

Je fus surpris de voir Amandine arriver sur la passerelle.

— Que fais-tu ici ? fis-je, la bouche pleine. Mon jeune pisse-froid de lieutenant ne t’a donc pas fait mettre aux fers ?

Les relents de frangipane de son parfum sucré assaillirent mes narines lorsque, sans la moindre crainte, elle s’assit près de moi.

— Comment pourrais-je cuisiner pour vous si vous me faites enfermer ?

La bougresse n’avait pas tort. J’en déduisis que c’était là ce qu’avait aussi pensé mon très perspicace second, qui se présentait à son tour.

Mais elle devait apprendre qu’on ne contredisait pas impunément le Capitaine Morrigan. Et je ne devais pas donner à Céladon le spectacle d’un supérieur qui se laisse attendrir par un beau sourire, fût-il accompagné d’un délice pâtissier.

Je plantai mon regard le plus courroucé dans les yeux d’Amandine. Certes, j’avais désormais trop besoin d’elle pour lui infliger la sévère correction que toute autre aurait méritée, mais il fallait marquer le coup ! J’allais me lever et placer mes mains autour de sa gorge, serrer et l’étrangler jusqu’à ce que ses lèvres deviennent bleues. Je ne la relâcherais que lorsqu’elle aurait compris que moi seul décidais de sa vie ou de sa mort, que je pouvais la tuer à tout moment. Voilà ce que j’allais faire !

La main de céladon sur mon épaule m’empêcha de me lever. Jamais je ne m’étais senti aussi faible. Les étoiles se mirent à tourner autour de moi. Je crois bien que je me suis écroulé, le nez dans ma tarte.

***

Et voilà comment je me suis retrouvé ici ! Sans rien avoir vu venir. Comme un gros imbécile trop sensible que je suis. Ils m’ont enfermé dans le sas et je les vois qui se bécotent de l’autre côté de la vitre en me lançant des regards amusés. Ils ont posé ma flasque de rhum arrangé sur le sol près de moi avec un étui de ma pâte d’amande préférée, verte comme les yeux de cette diablesse.

Je les entends qui rigolent, ravis du tour qu’ils viennent de me jouer. C’est la première fois que l’on se moque de moi de cette manière. J’ai tué tous ceux qui s’y sont essayés par le passé, et cela fait bien longtemps que plus personne ne s’y est risqué.

Ce traître de Céladon de Lysandrie s’approche de la vitre. Ses paroles me parviennent à travers elle.

— J’avais oublié de vous dire, Capitaine. C’est Amandine qui m’a donné le tuyau pour le Galactiva lors de notre escale sur Tortuga du Centaure. C’est une bonne informatrice, vous ne trouvez pas ?

Les deux tourtereaux se sourient niaisement et s’embrassent à nouveau. Une main se pose sur la vitre pour me signifier ma mise à l’écart. Cette garce d’Amandine s’est approprié mon tricorne porte-bonheur, et je dois dire qu’il lui va plutôt bien.

— Buvez une gorgée de votre flasque et croquez un peu du massepain que nous vous avons laissé, me conseille-t-elle au sortir d’un interminable baiser avec Céladon. Nous avons pensé que cette attention conviendrait à vos dernières volontés.

Ces deux-là se sont bien joués de moi. Finalement, je mérite mon sort puisque je les ai laissés exploiter la petite faiblesse qui m’a perdu. Leur cruauté est admirable. Ils feront un très beau couple de capitaines pour le Méphisto. Quelque part, je suis fier d’avoir réussi l’éducation de ce scélérat de Céladon de Lysandrie. Il est ma création, plus perfide et plus redoutable que je ne l’aurais jamais souhaité.

Sans lâcher la taille d’Amandine, il pousse le gros bouton rouge derrière eux. La porte externe du sas coulisse lentement, et l’air commence à s’échapper. Dans l’urgence, je me précipite sur la flasque et me délecte de mon ultime gorgée.

En croquant dans mon massepain, j’hésite entre fierté et amertume.

J’ai envie de sourire.

Une fraction de seconde, j’ai la sensation d’être à nouveau dans la forêt de mon enfance, à humer dans le vent la douceur des feuillages. Je redeviens cet adolescent qui poursuivait en riant la fille du berger. Est-ce ce goût sur mes papilles ou quelque chose de plus profond qui me rappelle ce que j’aurais pu être ? Ce que j’ai choisi de devenir ?

Je me sens aspiré vers l’extérieur. Le moment est venu d’entamer mon voyage éternel, congelé au milieu des étoiles.

Amandine me fait un petit coucou de la main à travers la vitre.

Morbleu ! Par les cornes de Cyrano, je peux partir tranquille.

Adieu !

Chroniques Impromptues

Par René HERMITE

Comme de nombreux auteurs, René HERMITE a commencé à écrire avant de savoir lire. Cela lui valut, à l’âge de trois ans, une bonne réprimande, car la tapisserie de la chambre venait juste d’être refaite.

Plus tard, alors qu’il était pardonné et qu’il terminait brillamment son CE1, son papa lui offrit un tout petit livre de science-fiction intitulé Prisonniers du soleil. Ajoutons là-dessus la lecture du Petit Prince, et ce fut la révélation : il serait écrivain ! Saint Exupéry ou rien !

Bon, ça, c’était au début. Ensuite, il se mit à lire des trucs genre Hara-Kiri, Fluide Glacial et Métal Hurlant (râââ ce film…), puis Pierre Desproges, qui le conduisirent à un certain éclectisme. Il considère Les Écritures de Cavanna comme une œuvre ésotérique majeure et Les Rois Maudits reste son roman historique préféré. La nuit des temps, puis le film Bienvenue à Gattaca laissèrent de sérieuses empreintes, et lorsqu’il tomba sur Dune, il le relut trois fois avant de s’arrêter.

Il se dit dans les milieux autorisés que la musique rock et les balades à moto l’ont aussi influencé. Ce qui est sûr, c’est que l’on retrouve dans ses écrits et, dernièrement, dans son roman Améon, toute la poésie, l’humanité, mais aussi l’humour et le goût de du très très lointain que lui ont apporté toutes ces expériences.